L'église actuelle

Présentation de l’église

 

C’est une église rurale modeste, qui répond aux besoins d’une petite communauté (environ 200 habitants aqu XVIII° siècle), aux moyens financiers limités, mais c’est une réussite tant au plan architectural que dans son décor. Les qualificatifs qui s’appliquent à son esthétique sont : sobriété, homogénéité, classicisme, clarté.

 

 

Plan de la nouvelle église établi  par Louis Beuque en 1773

 

Un plan original

L'influence du classicisme alors à la mode favorise un style plus épuré ou moins fantaisiste que le baroque de l’époque précédente.

Le plan au sol est de  type basilical : il n’y a  pas de transept, habituel aux plans en croix latine

           C’est un plan rectangulaire prolongé par un chœur plus étroit avec une abside triangulaire .

           Une grande salle divise trois parties :

                      Une nef principale flanquée de deux latérales moins larges

                      (Toutes trois comportant 4 travées)

           Un chœur rétréci à 2 travées

                      Le chœur proprement dit

                      Le sanctuaire avec  une abside triangulaire

           Le chœur flanqué de la sacristie (à droite), du clocher (à gauche)

Elévation ou structure en hauteur

Les 3 nefs, comme le chœur,  sont presque d’égale hauteur : c’est ce qu’on appelle une église halle.

En résulte une forte impression de grandeur

       Les murs latéraux comportent deux niveaux non séparés par un bandeau :

              Un premier aveugle avec les boiseries

              Un second percé par de grandes baies cintrées : une par travée

                          8 pour les nefs

                          2 pour le chœur

                          1 sur la façade occidentale (obturée par la suite)

              Cela donne un éclairage surprenant de l’ensemble.

Eglise actuelle - Plan au sol

 

Structure et couverture des nefs

 

            On remarque des voûtes d’arêtes sur les trois nefs.

            Ces voûtes reposent

                 -  sur de majestueuses colonnes doriques à chapiteau toscan avec

                        piédestal cubique imposant

                        Le fût de la colonne ;

                                   Une base  avec store et scotie

                                   Une collone élancée qui va en s’amenuisant

                                   Un chapiteau avec corbeille et tailloir

                 -  Sur les murs latéraux on trouve des pilastres engagés, de même type que les colonnes

                 - La  retombée du voûtement

                        Avec arc doubleau (dans longueur)

                        Avec arc formeret reposant sur  les murs gouttereaux       

            Le chœur

Il est rétréci, mais de même structure que les nefs :

 A l'entrée, des colonnes    jumelées et un arc triomphal forment un rétrécissement. Ces colonnes sont semblables à celles du chœur, mais ce dispositif, vu depuis l'entrée de l'église, ne donne pas  l'illusion d'une travée supplémentaire au chœur.

Le Sanctuaire se termine différemment

A l’intérieur : abside triangulaire    

A l’extérieur : abside semi-circulaire

En conclusion cette architecture donne

                        Une impression d’élan, de grandeur : rien ne coupe la vue en hauteur

                        Une mpression de lumière

                        Une impression d'harmonie, de simplicité

 

 

 

 

 

Le décor et le  mobilier

 

Un décor sobre, tout au service de l’architecture

On ne trouuve rien au niveau des murs latéraux (sinon  les pilastres) : pas de bandeau, ni de vitraux historiés. L'éclairage haut, par les baies en plein cintre ébrasées, est généreux. Les vitraux sont formés de verres carrés, seulement rayonnants dans le plein cintre des baies de la nef : il sont peu colorés, pastels et donnent une lumière assez proche de celle des verres blancs d'origine. Les deux baies du chœur sont bordées par une moulure. Leur vitrail comporte une bordure à cabochons

Les chapiteaux reçoivent directement les arcs des grandes arcades et les doubleaux, sans entablement.

On remarque le seul décor pour arcs doubleaux et formerets : ces arcs sont à caissons ornés de motifs végétaux alternativement circulaires et carrés, détachés du fond. Les voûtes sont ornées de rosaces feuillagées. La colonnade se poursuit dans le chœur.

A l’origine,  se trouvait partout un enduit, même sur les colonnes et pilastres

Les colonnes et pilastres sont en pierre de taille apparente, ocre et grise; il  subsiste des traces de leur ancienne peinture en faux marbre, notamment sur les chapiteaux

     et sur les embrasures de fenêtres

Un mobilier tout aussi sobre

 

Dans le chœur

Les boiseries sont d’origine

 

 

Le maître-autel tabernacle était  flanqué à l’origine de bancs de chantre. Deux marches surélèvent l'autel

Ce maître-autel est en forme de tombeau droit, en bois peint en faux marbres clairs (qui rappelle à la fois le sarcophage antique ou tombeau et la table du repas eucharistique). L'antependium présente les initiales  A et M de Ave Maria superposées et accompagnées de feuillages, le tout est doré.

Le  tabernacle : le mot signifie la tente,( c’est .à dire. la tente dans laquelle était enfermée l'arche d'alliance ; d'où les 2 formes les plus courantes du tabernacle : un petit temple cubique avec fronton triangulaire cantonné de colonnes (cf les autels latéraux) ou une tente circulaire avec untoit curviligne.

 Ici, il est en forme de rotonde, aux flancs sculptés et incurvés en bois doré, cantonné par des ailerons ornés de feuillages et de fleur

Y figure  l'agneau du sacrifice sur sa porte cintrée : agneau couché sur une bible fermée par  7 sceaux (Apocalypse) et surmonté d'une nuée rayonnante

Sur les faces, on trouve des attributs religieux et ecclésiastiques entremêlés dans une guirlande qui s'étire en hauteur

Le tout symbolise  la messe et l'eucharistie

Le tabernacle conserve les hosties consacrées par le prêtre : présence réelle signalée par la lampe de sanctuaire

Le dessus pyramidant  est amorti par un crucifix en métal.

Les gradins portent quatre chandeliers et deux luminaires en métal doré à la bronzine

Sur le mur d’abside, une gloire en bois ornée de rayons, de nuages blancsqui séparent  le ciel de la terre et des

     têtes dorées d’ anges qui peuplent le paradis.

     Les rayons  lumineux symbolisent le  rayonnement de Dieu qui dirige cet univers et nous envoie des messages.

     Au milieu sur un fond bleu (rappelant le paradis), le symbole de la Trinité (triangle) a été remplacé de nos jours par une Vierge de miséricorde (ou Vierge au manteau très répandue dans nos église à partir du XVIe siècle)

 

Cette Vierge en bois doré et polychromé du XVIIIe siècle a  les bras ouverts et le visage tourné vers le bas , ses pieds posant sur le globe écrasent le serpent (symbole du démon)

     L’ attitude de compassion de la Vierge, bras tendus, mains ouvertes, tête légèrement inclinée vers le bas  signifie accueil, écoute.

     Vêtue d'une longue robe par dessus laquelle est passé un ample manteau, sa tête est couverte d'un voile (les femmes devaient avoir la tête couverte à l'église).

 

 

Intérieur de l'église en 1954

 

 

Ancien maître-autel

 

L’extérieur de l’église

 

Pour quiconque arrive à Montfaucon, l’église et son clocher  offrent une silhouette incontournable qui domine l’ancien village, mais qui varie selon l’approche.

 

Façade occidentale

 

Vue de l’ouest en arrivant de la mairie sur la place, l’église, par sa position haute, s’impose par sa façade massive, presque écrasante qui domine un espace limité, tant sur le devant que sur le côté septentrional. Autrefois la petite esplanade qui précède le porche d’entrée se présentait différemment :

  • Il n’y avait pas de monument aux morts de la guerre : élevé à l’origine dans l’actuel cimetière, il ne fut transféré là qu’en 1921
  • Une fontaine occupait la partie gauche
  • Enfin à droite et le long de la façade méridionale se trouvait le cimetière
  • En revanche, sur le flanc septentrional avait été construite en même temps que l’église la maison d’école qui existe encore, mais transformée en habitation après avoir abrité une  laiterie. Une façade montre encore ses pierres d’origine ; dans le prolongement de cette petite demeure, une autre maison surplombe l'ancien cimetière. 

Pas de clocher porche, comme dans beaucoup d’églises.

D'où une façade originale, très imposante par son allure générale :

     très haute, mur en gros appareils

     divisée en trois parties par des pilastres (conforme au plan intérieur) et souligné par une        légère corniche

La   partie centrale est surmontée d'un fronton demi circulaire :

     à l'origine se trouvait tune baie centrale comme sur les façades qui  a été remplacée par un oculus après la  réfection du portique

     l’horloge porte le nom de l'entreprise Prêtre

A  l’origine, il n’y avait pas de portique, mais seulement un mur en gros appareils percée d’une baie centrale et ornée d’un simple fronton courbe, encadré de 2 pilastres et souligné par une légère corniche. Depuis 1826, un portique à fronton triangulaire supporté par des doubles colonnes doriques fait fonction de porche : édicule dans le style néoclassique  lors de sa construction, l’on avait bouché la grande fenêtre cintrée de la façade ; en 1986, la réfection du portique permit d’ouvrir un oculus au sommet du pignon.

 

 

Façade occidentale après adjonction d'un péristyle

 

 

Façade méridionale

 

Celle-ci s’apprécie pleinement en empruntant la route qui la longe en contre bas. Ce que nous pouvons observer :

  • L’emplacement de l’église sur une petite butte en pente et en contrebas de terrains au nord, situation qui a entraîné quelques inconvénients : infiltrations d’eaux, espace limité pour le cimetière, etc.
  • Plus que le mur de façade, c’est la toiture de  l’église qui attire le regard par son aspect massif et imposant : toit à 2 pans (brisé sur le côté ouest) de petites tuiles brunes ; ses dimensions s’expliquent par le fait qu’il recouvre les trois nefs.
  • Quant à sa façade, elle paraît de ce fait moins imposante moins monumentale, d’autant que 4 baies allègent le surface des murs et que les contreforts sont réduits.

Façade orientale

 

C’est incontestablement le côté le plus attrayant de l’édifice

  • La toiture s’est effacée au profit des structures architecturales
  • Une belle et harmonieuse abside circulaire dessine le sanctuaire : contrebutée de 2 légers contreforts et percée de 2 baies latérales, elle s’élève jusqu’à la toiture
  • Sur son flanc méridional, la sacristie qui comporte deux étages, prolonge la nef latérale et assure une transition équilibrée entre les hautes nefs et l’abside

 

Façade septentrionale

  • Sur le côté septentrional s’élève le clocher : une tour carrée de 3 niveaux (les deux premiers aveugles, le 3ème percé de baies cintrées), coiffé d’un clocher comtois à tuiles vernissées.
  • L’ensemble est mis en valeur par la très belle teinte de la pierre.
  • Un bâtiment allongé occupe la partie septentrionale au devant de  l’abside : seule sa moitié la plus éloignée de l’église est contemporaine de celle-ci et constituait le presbytère.

La déclivité du terrain ne permet pas de faire le tour de  l’église et pour percevoir son dernier flanc, il faut emprunter la rue qui rejoint le centre du village. Là, au premier tournant, entre deux bâtiments, surgit la belle silhouette du clocher avec son toit de tuiles vernissées qui scintillent au soleil couchant ; c’est de là aussi que l’on saisit le mieux les contraintes du terrain avec sa déclivité et sa petite largeur. Un mur de soutènement longe ce flanc septentrional, qui n’a reçu depuis 1785 aucune modification si ce n’est l’adjonction d’un petit bâtiment destiné à abriter le système de chauffage de l’église.

 

 

 

 

Conclusion

 

Au total cette église rurale, modeste par ses dimensions et son décor, s’impose néanmoins à l’attention du visiteur par l’harmonie de sa structure intérieure et extérieure et la simplicité de son décor qui ne fait que souligner la pureté et l’élégance de son architecture.

 


Nota : L’église est inscrite à l’INVENTAIRE SUPPLEMENTAIRE DES MONUMENTS HISTORIQUES. (arrêté préfectoral du 16 avril 2009)

 



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