Les mutations depuis la révolution

Les mutations du village  depuis la Révolution

L’apogée des campagnes       

                                    

La Révolution n'apporte pas de mutations profondes, sinon au plan administratif, en créant la Commune avec son ressort territorial, dont la gestion est confiée à une municipalité. Une fois les guerres napoléoniennes terminées et en attendant les premiers effets de la révolution industrielle, le retour à la prospérité favorise l'essor des campagnes : Montfaucon en tire profit comme la plupart des autres villages et voit sa population en augmentation constante :

1790 : 163 habitants et 31 feux

1800 : 154 (30 maisons et 45 ménages)

1826 : 233 hab.

1851 : 315

1876 : 480

1901 : 544

Mais dans les recensements postérieurs à 1875 interviennent des effectifs militaires

 

Nous pouvons avoir une idée plus précise de la physionomie du village à partir du cadastre dit napoléonien, en fait établi en 1834, qui nous donne une photographie du parcellaire et de l’habitat, avec l’infrastructure routière et la végétation. Existent alors une soixantaine de maisons réparties en 3 ensembles très distincts :

- le village lui-même avec 46 maisons regroupées autour de l’église, sauf une située au lieudit Rochefort, là où passait encore la route de Morteau, via Saône ;

- le château ou plus exactement l’ancien bourg avec 6 maisons ;

- La Malate, qui, sous ce toponyme, rassemble 7 habitations échelonnées le long du Doubs

 

Les décennies suivantes accentuent la croissance du village comme centre principal et de La Malate qui bénéficie surtout d’investisseurs immobiliers de Besançon, tandis que le Bourg disparaît définitivement, la dernière maison étant abandonnée peu après 1882.

1882 marque pour le Montfaucon rural et traditionnel le point culminant de son essor, car déjà se fait sentir l’attraction de la ville qui se traduit par un exode rural, aggravé à partir de 1885 par la crise du phylloxéra,  tandis que le village a déjà amorcé une autre page de son histoire, celle des fortifications militaires.

 

Les forts militaires :

        

Ses défaites de 1870-71 ont traumatisé la France et particulièrement affecté la Franche Comté :

Aussi les autorités militaires décident-elles de protéger la frontière de l'est par un vaste système défensif reposant sur des lignes de fortification. Les crêtes entourant Besançon se hérissent donc de forts et de fortins, et Montfaucon devient un pôle stratégique de grande importance avec la construction de deux fortifications

- la première entreprise dès 1870 et appelée Redoute de Montfaucon (ou Vieux Fort ou Fort Donzelot), se trouve à dizaine de mètres de l'actuel belvédère et sert de base aux antennes de la Télédiffusion de France.

- La seconde dite Fort Neuf ou plus couramment Fort de Montfaucon, se trouve à quelques centaines de mètres de là, au bout de la route militaire qui conduit à une belle entrée monumentale sur laquelle se lit encore la date de 1878.

- Cet ensemble défensif est complété en 1883 par deux bastions avancés, les batteries des Epesses et des Rattes, par un ensemble-réservoir appelé les Citernes, ainsi que par les magasins cavernes creusés dans la Falaise (1889).

 

 

Tous ces locaux pouvaient abriter plus de 800 hommes de troupe si bien qu’à la fin du XIXe siècle, Montfaucon était devenu un village de garnison. Mais cette vocation militaire ne dure pas et le départ de l’armée va précipiter les signes de la récession rurale. En effet,  l'évolution de la stratégie ne tarde pas à modifier l'organisation de la défense autour de Besançon. Au cours de l'année 1905, les autorités militaires transfèrent dans la ville les 350 hommes de la garnison de Montfaucon et ne laissent sur place qu'un petit détachement d'une trentaine d'hommes pour assurer la garde du dépôt, en particulier des poudrières qui occupent quelques-unes des casemates où se trouvent enterrées près de 120 tonnes de poudre. C'est là que s'est déroulé le drame du dimanche noir du 16 septembre 1906, avec l'explosion d’une poudrière, qui fit 8 morts et 35 blessés. L’histoire militaire de Montfaucon se terminait par un drame.

 



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