Aux origines

Aux origines

 

Tout commence au milieu du XIe siècle quand apparaissent, cités dans les textes les premiers seigneurs de Montfaucon : Conon surnommé Le Faucon (v. 1040) et Richard qui prend le titre de sire de Montfaucon (v. 1085). Originaires du nord est de la Franche Comté où ils ont d’importants domaines, ces seigneurs viennent s’implanter aux abords de Besançon alors ville épiscopale en plein essor, au moment même où la Franche-Comté, devenue terre d’Empire, passe dans la mouvance des souverains germaniques : pour avoir un pied à proximité de la cité et mieux contrôler la route qui conduit de Besançon à la Porte de Bourgogne et en Alsace, ils obtiennent de l’archevêque, la concession en fief de terres, sur lesquelles ils construisent un château.

C’est l’ère des châtellenies, durant laquelle se multiplient les forteresses de ce type qui remplissent un triple rôle : résidence seigneuriale, centre administratif (où s’exerce le ban seigneurial, c'est-à-dire l’autorité) et forteresse (rôle militaire).

Plus tard, Richard († 1148) épouse Sophie, l’héritière du comté de Montbéliard.

Dès lors, les deux familles fusionnent et jusqu’au début du XVe siècle, l’histoire des Montfaucon se conjugue avec celle des comtes de Montbéliard.

Venant s’ajouter à leurs origines territoriales, ce mariage explique toute leur stratégie féodale : dominer les plateaux du nord-est de la Franche-Comté de Besançon à Montbéliard.

Il explique aussi les armoiries communes des deux familles « de Gueules à deux bars adossés d’or », c’est-à-dire un écu à fond rouge avec deux bars (deux poissons) accolés. Descendant de Louis de Mousson, comte de Bar en Lorraine, les sires de Montfaucon-Montbéliard ont adopté ses armoiries, qui comportent un jeu de mots entre le nom de famille et les poissons.

 

Les deux bars furent jusqu’au début du XVème siècle les armoiries de l’aîné du lignage des Montfaucon-Montbéliard, celui qui portait le titre de comte de Montbéliard ; quant au cadet, qui avait en apanage la seigneurie de Montfaucon proprement dite, il avait adopté des armoiries spécifiques, rappelant sa position de puîné, comme le montrent les sceaux d’Amédée (1228-1280) ou de Jean (1280-1305)

 

A propos des armoiries des Montfaucon.

 

 

L’usage des armoiries vient de l’émergence de la noblesse en tant que classe sociale dominante et de la généralisation, au cours des XIe et XIIe siècles, d’un équipement militaire uniforme (casque et cotte de mailles) qui ne permettait pas de reconnaître les combattants ; aussi les chevaliers prirent-ils l’habitude de peindre sur leur bouclier (ou écu) des figures distinctives, les armoiries ou armes (sortes de logos), bientôt considérées comme des attributs de la personne et du lignage, au même titre que le nom ; puis ces symboles furent appliqués sur le reste de l’équipement (bannière, chevaux, etc.).

Ce lien entre des armes et leur titulaire a ensuite été repris dans la composition des sceaux, qui permettaient d’authentifier les actes écrits. Les armoiries sont ainsi l’image de la personnalité juridique du lignage, décryptée à travers le langage du blason. Au début les figures employées furent surtout des animaux et des éléments géométriques : lions, léopards, aigles, poissons, chevrons, bandes, etc.

Pourquoi les Montfaucon adoptèrent-ils au XIIe siècle, comme emblèmes, des bars, c’est-à-dire des poissons ? Ils le firent par référence à leurs ancêtres, les comtes de Bar en Lorraine (Bar-le-Duc), auxquels ils se rattachaient par l’intermédiaire des Montbéliard. En effet, l’un de ces ancêtres, Louis de Mousson († 1073), à la fois comte de Bar, de Mousson et de Ferrette, prit le contrôle du château de Montbéliard qu’il laissa à son petit fils Thierry en créant un comté autonome. Peu de temps après (1160), la principauté de Montbéliard tombait en quenouille et son héritière, Sophie, qui avait épousé Richard, seigneur de Montfaucon, transmettait le comté à son mari : ainsi naissait le lignage des Montbéliard-Montfaucon qui adoptèrent des armoiries semblables à celles des Bar-Mousson, leurs ancêtres communs, c’est-à-dire deux bars sur un fond d’écu aux couleurs différentes (l’adoption, comme emblèmes, de poissons fait évidemment référence à l’origine du nom de famille des comtes de Bar).

 

 

Armoiries des Comtes de Bar en Lorraine «D'azur semé de croisettes recroisetés au pied fiché d'or, aux deux bars adossés du même brochant sur le tout».

Ce sont les armes du Barrois lorrain

Armoiries des Montbéliard-Montfaucon (adoptées par la commune de Montfaucon) « De gueules à deux bars d’or adossés », c’est-à-dire un écu à fond rouge avec deux bars jaunes accolés par le dos.

 

                                                                                 

                

                                          



Les réactions

Avatar Michel Leconte

Les personnes intéressées par les armes et sceaux des seigneurs d'hallennes et Erquinghem portant le nom Hallennes peuvent me le demander à l'adresse suivante : michl1@outlook.fr

Le 09-08-2016 à 13:05:59

Avatar Jean-Claude QUEUCHE

Bonjour,

Merci pour votre message. Il serait en effet intéressant de voir les armes des HALLENNES, seigneur d'Hallennes (-lez-Haubourdin) et Erquinghem (-le-Sec) du Hainaut.

Avez-vous un site internet?

Bien cordialement

Jean-Claude QUEUCHE

Le 18-03-2015 à 08:05:00

Avatar Michel Leconte

Bonjour,
Les armes des seigneurs de BAR (en Lorraine) ressemblent étrangement à ceux des HALLENNES, seigneur d'Hallennes (-lez-Haubourdin) et Erquinghem (-le-Sec) du Hainaut.
Les connaissez-vous ?
Je peux par retour de e.mail, vous les envoyer.
Des armes des Hallennes : il est dit :De sable semé de croix au pied fiché et de deux bars adossés d'or, brochant sur le tout.
Du sceau de Catherine d'Hallennes, héritière de la seigneurie, il est dit : Sceau rond de 24 mm, écu semé de croisettes, recroisetté au pied fiché à 2 bars adossés, perché timbré d’un heaume cimé sur champ fretté.

J'espère vous lire

Bien cordialement
M. Leconte, pdt du Cercle historique.

Le 17-03-2015 à 20:54:37

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