Château : la porterie

La porterie du Château

 

L’entrée du château est du type "tour-porte", un cas classique en Franche-Comté: le passage se fait au travers d'une porte percée dans une tour dont l'étage sert de salle de guet. Ici, de plus, cette tour est située en retrait du système défensif, puisqu'elle est précédée d'une sorte de couloir formée des murs d'enceinte est et ouest, formant tenaille.

La fermeture du passage est assurée initialement par une herse et une lourde porte, plus tard par une simple porte.

 

Ce passage, enfin, est aussi réservé exclusivement aux piétons. La raison d'un tel choix est avant tout militaire, mais elle conditionne aussi l'approvisionnement du château, tant au quotidien que lors des phases de construction pour l'apport en pierres, chaux, bois... cela nécessite des moyens d'accès ad hoc qui nous manquent pour le moment.

 

La salle de guet a un sol en terrazzo et est chauffée par un poêle à carreaux; elle est accessible par deux portes, l'une depuis le mur d'enceinte est, l'autre depuis la première salle du logis au moyen d'un petit escalier en quart de vis.

 

L’ensemble des éléments de la porterie était initialement recouvert de gravats. La fouille a révélé près de 4m de décombres entre le niveau initial et le seuil de la porte. La fouille des gravats s'est faite à la pioche, celle ensuite des niveaux de sol à la truelle. Seul le rez-de-chaussée de la tour est conservé, mais avec des indices d'organisation d'un étage au moins.

 

Dans le détail, les différentes parties conservées présentent chacune un faciès singulier. Le flanc ouest (Mur 100) est formé de gros blocs de pierres de taille aux arêtes vives et à joints vifs. Il comporte également une pile en saillie de 30cm avec une rainure verticale de 20cm et l'arête la plus extérieure en quart de rond.

La trace la plus caractéristique est un orifice rectangulaire de 30x20cm de section, à 1,20m du sol et profonde de 3m au moins: le polissage en partie supérieure de la pierre de la base ne laisse aucun doute quant à la fonction de  coulissage d'une barre en bois. Nous sommes donc en présence de l'arrêt de porte comportant un vantail épais de 12cm, bloqué par une barre de fermeture, et précédé d'une herse de 15/20cm d'épaisseur coulissant dans la gorge verticale. Les traces de ferronnerie correspondent sans doute aux gonds du vantail, mais les trous circulaires, qui pourraient témoigner de verrous métalliques, appartiennent à une étape ultérieure.

Le mur est complété en partie supérieure de sommiers d'arc, des claveaux de même facture que les pierres de taille, permettant d’envisager un passage voûté en berceau à une hauteur environ de 3m environ entre le sol et la base de l'arc.

Le flanc est (mur 101) est différent. Le parement intérieur se compose de pierres de taille de petit module ; agencées très régulièrement Il a subi les effets d’un feu intense. Une pile en saillie forme le pendant du mur précédent, mais sans trace de herse. Le sommet du mur conserve des sommiers d’arc mais cette fois de facture très grossière avec des moellons à peine équarris noyés dans un lit de mortier.

 

Au sud de cet ensemble est ménagé un escalier permettant d'accéder à la salle du guet depuis l’arrière de la porterie.

Dans l’épaisseur du mur 102 subsiste un curieux aménagement en quart de rond, formé d'une vasque taillée dans une seule pierre posée sur un conduit maçonné circulaire, lié par un mortier rosâtre; la vasque est engagée sous l'élévation du mur de la porterie qui, à cet endroit est disposée en biais. Il s'agit du bassin de réception des eaux de pluie pour l'alimentation de la citerne (n° 19).

 

 

Butte castrale - Fouilles 1999-2011 - Structures générales

 

 

Porterie du château

 

 

La porterie castrale

 

 

La porterie castrale et sa rampe d'accès

 



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