Château : le logis 1A - une cuisine?

Le logis 1A - Une cuisine?

 

Le bâtiment immédiatement accolé à la porterie  avait initialement été interprété comme une tour surplombant la porterie en raison de la configuration des vestiges: le bâtiment est caractérisé par un bel éperon formé par le mur d'enceinte qui se referme sur lui-même et qui est aussi, avec le donjon, la plus haute maçonnerie conservée du site, culminant à 7m au-dessus du sol de la pièce et à plus de 11m au-dessus du seuil de la porterie.

La fouille et l'analyse du reste de la plateforme rocheuse ont toutefois assez rapidement permis de comprendre que cet espace n'était que la pièce la plus septentrionale d'un énorme bâtiment originel dont l'extrémité opposée n'est pas encore totalement localisée.

Au sud, au contact du mur transversal, une pierre de seuil avec une feuillure intérieure signale sans aucun doute la présence d'une latrine disposée en encorbellement à l'extérieur de l'enceinte.

 

4 murs sont de type A. Le cinquième mur, qui ferme la pièce au sud est totalement différent. De type B il est construit en plusieurs étapes, avec un premier mur peu épais (Mur 103), dédoublé ultérieurement (Mur 104). Le premier, haut de 1 à 2m, est percé par une porte construite sous un important arc de décharge occupant les 2/3 de la longueur du mur; cette porte, large initialement de 1,70m, dispose d'un système de verrouillage par une barre glissant dans l'épaisseur de la maçonnerie. Enfin, un culot ou base d'arcature identique à celui du mur 100 est inséré dans le mur à 1m du sol

 

Le second mur, adossé à la face externe du bâtiment (Mur 104), comprend également un arc de décharge de même importance mais cette fois avec des pierres appareillées formant niche : son fonctionnement est lié à l'espace voisin. Mais il nous intéresse ici parce que sa construction s'est accompagnée de la réduction de la porte, désormais de 0,90m seulement

 

Des gravats recouvraient l'ensemble, hors les deux faces de l'éperon, au même niveau que ceux de la porterie. Leur configuration était toutefois totalement différente. Sous l'humus et divers matériaux de démolition est apparue une couche d'incendie de 1,50 à 2m d'épaisseur, avec des moellons, des lauzes, des claveaux de voûte, des fragments de parois en plâtre avec clayonnage, des briques ou carreaux de sol fortement dégradés par le feu et de nombreux fragments de poutres calcinées. Une partie des matériaux comportait encore des traces d'organisation, en particulier les lauzes disposées verticalement et couverts par des lambeaux de sol en briques: tout laisse ainsi à penser que nous sommes en présence d'un étage voûté qui s'est effondré d'un seul bloc, les lauzes ayant servi de voutains.

Sous les gravats subsistait un beau sol de mortier, une sorte de terrazzo composé de briques pilées noyées dans du mortier et à la surface soigneusement lissée: il s'agit du même type de sol que les fragments observés pour l'étage de la porterie, mais ici en parfait état de conservation.     Ce sol est d'une planéité parfaite. Ce type de sol est singulier: fréquent à l'époque romaine, en particulier dans les salles d'eau, il ne nous est pas connu pour le Moyen Âge.

 

Dans le renfoncement des murs de l'éperon était préservé un foyer, en partie lacunaire à l'est du fait de l'écroulement du mur. Il est délimité par des pierres calcaires soigneusement appareillées, avec un large chanfrein; la sole elle-même est formée de briques posées de chant en périphérie et à plat au centre: leur érosion importante témoigne d'une utilisation prolongée. Comme il n'y a aucune trace de cheminée proprement dite (piédroits, manteau, conduit...), il faut supposer que les aménagements aériens étaient réalisés dans le grand arc sous lequel le foyer était disposé.

 

Au total, nous sommes clairement dans une pièce d'habitation chauffée, équipée de latrines, enduite de blanc. La fonction de stockage est exclue, de même que celle de représentation: la qualité du voûtement et la nature du sol sont trop sommaires pour la grande salle du château. Il reste la solution d'une pièce d'usage, de cuisine avec le grand foyer ou de bains avec un sol qui ne craint pas l'eau et une citerne à proximité. Il est possible également d'envisager une fonction polyvalente en liaison avec la salle du guet pour laquelle un accès direct a été aménagé, soit cuisine et couchage en même temps.

 

 

Le logis 1A

 



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