Château : le logis 2A - une pièce avec un oratoire, une cave, un poêle

Le logis 2a : Une pièce avec un oratoire, une cave et un poêle

 

Avec ce nouvel espace, nous changeons de niveau: même s'il faut tenir compte d'une épaisseur de gravats encore à déterminer, nous nous situons de façon évidente dans un espace situé un étage au-dessus des bâtiments précédents, dans une autre série de pièces accessible depuis l’escalier.. Le mur ouest est marqué par un rupture d'axe à angle droit qui semble a priori être lié à la configuration du rocher sous-jacent. Mais un massif de maçonnerie associé à des traces de dalles en pierre à la surface des gravats, dans ce petit rectangle en saillie, et la découverte d'enduits peints polychromes (bleu, vert, or) associée à des fragments de stucs permettent d'augurer la présence d'une chapelle ou d'un oratoire.

 

La restauration de l'enceinte a de même mis au jour les vestiges d'une petite cave, accessible depuis un escalier construit dans l'axe de l'enceinte . Cette cave, conserve son sol en terrazzo et une partie de sa voûte en berceau, composée de dalles de type B. Les bases de sa porte, avec feuillure du côté opposé à l'escalier.

 

Le mur sud de cet espace  n'a été encore dégagé que très superficiellement: il est en matériaux de type B et une lacune du côté de la cave pourrait préserver le seul accès possible depuis la partie haute de l'espace castral. La face interne est recouverte d'un enduit jaune-crème déjà noté sur d'autres murs.

 

Le mur est, commun avec le couloir de l'escalier  est de type B également. Dégagé sur une hauteur d'un mètre environ sur toute sa longueur, il ne présente pour l'instant aucune trace de porte ni de fenêtre, mais, comme le précédent, est totalement enduit.

 

A l'angle de ces deux derniers murs subsiste toutefois un renfoncement marqué pour l'un des côtés  par une embrasure en grand appareil. La fouille des gravats a permis d'y détecter les traces d'un poêle, un système de chauffage peu connu en Franche Comté. De plan quasi circulaire, avec un diamètre de près d'un mètre, sa base est constituée de gros blocs appareillés, sans doute en remploi. La sole se devine de par un bourrelet rubéfié bien marqué, délimitant un espace interne circulaire également. L'élévation externe est détruite mais les éléments retrouvés dans les gravats permettent de proposer une paroi en pots ou gobelets liés par une chamotte de terre glaise.

 

La bouche d'enfournement  est ouverte sur la pièce annexe, ici sans doute le couloir; c'est une façon habituelle d'alimenter les poêles en bois de chauffage pour pallier les risques d'incendie et récupérer les fumées, toutes choses qui augmentent le confort de la pièce chauffée.

 

Les pots sont conservés en quantité dans les gravats au pied du poêle. En terre cuite rouge, avec une glaçure verte intérieure caractéristisue ses XV° - XVI° siècles.

 

Dans ce secteur a été découvert un jouet en forme de cavalier en terre cuite  blanche, glaçurée vert. Sa petite taille exclut une fonction de décor du poêle. La tête et les pieds manquent, mais la culotte bouffante est caractéristique des costumes de la fin du XVIe s.;  avec cette figurine, nous avons un premier indice indubitable d'une occupation du site au-delà de l'épisode de la destruction supposée du château par les troupes de Louis XI.

 

Il s'agit alors incontestablement d'une pièce à vivre, chauffée par un poêle. L'hypothèse d'un oratoire dans une partie de cette pièce n'est pas incompatible avec la présence de ce poêle: ce type de chauffage est attesté dans des églises et, en tout état de cause, des cheminées sont également connues dans des chapelles castrales.

 

Selon la figurine découverte, le bâtiment serait encore occupé vers 1570-1600

 

 

 

 



Réagir


CAPTCHA