Documents de l'époque moderne

Montfaucon et la banlieue de Besançon vers 1550

Les gens du Moyen Age n'ont pas ressenti la nécessité de dresser des plans topographiques, ni de faire des relevés géométriques, si bien que nous ne possédons ni cartes ni même d'esquisses de cette époque. Au XVIe siècle, l'homme porte un autre regard sur le monde qui l'entoure et qu'il veut mieux comprendre : les grandes découvertes maritimes, l'intensification des voyages terrestres, la curiosité encyclopédique des humanistes l'amènent à une observation plus attentive et plus objective du paysage, tandis que l'imprimerie et la gravure sur cuivre lui permettent de reproduire en un grand nombre d'exemplaires le résultat de ses travaux et de faire des cartes et des plans plus ou moins précis (car il ne maîtrise pas encore toutes les techniques géographiques). Apparaissent alors les premières vues cavalières de Besançon, de Salins, de Montbéliard et des principales bourgades de la région.

Désormais s'ancre progressivement dans les mœurs l'habitude de fournir dans les procès de délimitation des croquis qui illustrent l'argumentation juridique. C'est ainsi que la commune  de Besançon, qui se trouvait au XVIe siècle en litige avec quelques villages limitrophes, fait procéder à des bornages sur le terrain, complétés par des relevés topographiques consignés sur papier. Subsistent deux de ces plans datant de la seconde moitié du XVIe siècle :

 

• L'un, conservé aux Archives départementales du Doubs (cote J 62), est un bornage du territoire communal bisontin qui englobait alors entièrement La Vèze, dont le bois d'Aglans jusqu'à la grange du Liège ; depuis l'Arc de la Malate (ancienne léproserie ou maladrerie de La Malate, ainsi appelée à cause de son implantation sur l'ancien aqueduc romain dit l'Arc), la limite coupait la Côte de Morre, à l'est du village, pour atteindre la fontaine du bois d'Aglans. Intéressant pour les limites de la banlieue bisontine, ce plan n'apporte toutefois pas de renseignements sur les villages périphériques.

• L'autre, dont nous présentons un relevé, est un plan sommaire du territoire ou banlieue de Besançon, donnant essentiellement un aperçu du réseau routier et de la végétation. La cité de Besançon est schématisée par la boucle du Doubs, par les remparts du Mont-Saint-Étienne (la citadelle) et ceux du quartier d'Outre-Pont (Battant) et par les principales portes fortifiées de la ville (manque sur l'extrait celle de Charmont). Chacune de ces portes fortifiées contrôle les routes qui desservent la campagne environnante. C'est ainsi que de la Porte Taillée divergent plusieurs chemins : l'un, qui passe derrière le

Mont-Saint-Étienne, se confond avec l'actuelle route des Buis ; le second correspond approximativement à la route de la Côte de Morre, tandis que le troisième va directement de La Malate à Morre, en empruntant l'actuel chemin de Traîne-Bâton ; entre La Malate et la Porte Taillée, il passait à proximité de la petite chapelle de Saint-Léonard, refuge traditionnel d'ermites.

Non moins intéressantes se révèlent les indications sur la végétation. Bien que très sommaires, elles montrent l'importance de la vigne qui occupe les principales collines autour de Besançon (Velotte, Chaudanne, Bregille, Trois-Châtels derrière la citadelle) et qui monte à l'assaut de la Côte de Morre et de Montfaucon. L'ancien cadastre de Montfaucon établi en 1834 confirme cette primauté de la vigne qui couvrait tous les environs de l'ancien bourg et château : subsistent encore de nos jours des lieux-dits significatifs : Sous les vignes ...

Du château figuré sur la carte par deux tours encadrant un bâtiment central, l'on retiendra seulement qu'il paraît encore en état. Les indications de la carte concernant l'occupation humaine demeurent trop sommaires pour donner lieu à un commentaire : si les églises sont bien indiquées, les maisons qui symbolisent les villages ne permettent pas d'établir de comparaison. Notons toutefois que l'ancienne léproserie de la Malate ne fonctionne plus comme établissement hospitalier, les lépreux étant alors regroupés à La Vèze, mais que ses bâtiments servent parfois de centre domanial de gestion pour la seigneurie de Montfaucon : c’est l’Arc de la Malate, là se tiennent des séances judiciaires, là se paient les redevances seigneuriales.

 

 

  Extrait d'une carte de la banlieue de Besançon vers 1550

     (Bibl. mun. Besançon, YC Bes. A 1/3) 

 

Le château et le bourg de Montfaucon vers 1650

Deux lithographies conservées à la Bibliothèque nationale constituent les plus anciens plans figurés que nous ayons du bourg et du château ; elles sont antérieures à celles de la collection Gaignières (datées de 1700) dans la mesure où elles nous présentent des vestiges en meilleur état : l'importance de l'enceinte castrale, le bon état du bourg et de la porterie évoquent en effet une situation qui doit remonter au moins au milieu du XVIIe siècle, c'est-à-dire au sortir de la guerre de Dix ans.

Leur comparaison s'impose, car, à part l'échelle et quelques détails concernant le paysage, on pourrait les prendre pour un modèle et sa copie, si ce n'est que l'une, qui porte le titre en bas dus tableau, résulte d'une inversion de gravure, le château se trouvant à droite du bourg.

Toutes deux offrent le même angle de vue pour un observateur situé approximativement en bordure du plateau, à mi-chemin entre le belvédère et l'actuel village. Défilent ainsi sous nos yeux un large panorama comprenant de droite à gauche: les falaises d'escalade, l'éperon rocheux du vieux Montfaucon, la butte castrale avec le bourg, puis une autre colline (Nacra) plongeant vers la combe Giroux et vers La Malate. L'arrière plan, peu visible sur l'une, représente le versant oriental de Chaudanne faisant face au château, puis la plaine de Chalezeule avec les collines de Thise. Une ligne d'arbres isolés, dont le nombre et la disposition sont identiques dans les deux dessins, souligne le fond de la combe et sépare un premier plan qui fait défaut sur l'une : il comprend quelques personnages de facture  traditionnelle, un arbre et des champs placés là comme pour donner plus de profondeur et de perspective. L'impression d'ensemble dominante va dans le sens d'un certain réalisme.

Évidemment, la butte centrale, reproduite ici en extrait, capte davantage notre attention parce qu'elle nous apporte un complément d'informations sur le site archéologique en nous visualisant ce que nous lisions jusque-là dans les documents; de ce point de vue notre curiosité y trouve son compte.

Évidemment, la butte centrale, reproduite ici en extrait, capte davantage notre attention parce qu'elle nous apporte un complément d'informations sur le site archéologique en nous visualisant ce que nous lisions jusque-là dans les documents; de ce point de vue notre curiosité y trouve son compte.

Suivons le chemin qui tortille dans les champs pour monter au bourg. Si la végétation dissimule l'enceinte qui borde normalement la basse-cour, elle s'efface en revanche pour mettre en évidence ce qui a frappé le

dessinateur : l'entrée monumentale du bourg, sous la forme d'une porte cochère surmontée d'un mur, puis, sur la droite, trois maisons alignées, dont les façades élancées semblent posées au-dessus et dans le prolongement du rempart ; c'est l'idée que donne encore actuellement le tronçon de rempart subsistant à l'extrémité orientale du bourg, puisque celui-ci supporte les restes de pignons de maisons.

Quant à la butte castrale, elle porte des vestiges faciles à identifier, malgré la petite échelle du dessin : un rocher taillé ici à la verticale, un mur plus élevé que de nos jours et continu, tandis qu’à chaque extrémité s'élève une tour, double à l'ouest au niveau du donjon (voir les explications données plus loin à propos de la lithographie de Gaignières), une autre, moins haute mais plus large, terminée par un pignon avec une ouverture en son centre, celle-ci correspondant à la tour d'entrée. Ainsi trouvons-nous confirmation des principales caractéristiques évoquées dans la description du château médiéval et d'un état de conservation meilleur que sur tous les autres documents actuellement connus.

 

 

Le site et les ruines du château de Montfaucon vers 1650

       (Lithographies, Bibl. nat., Cabinet des estampes, H 118651)

           La seconde lithographie est inversée

 

Le château et bourg de Montfaucon en 1700

En France, dès la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe, le grand mouvement de recherches historiques, dû à l'impulsion des bénédictins de Saint-Maur, entraîna le reclassement des archives et des bibliothèques, ainsi que des relevés topographiques plus ou moins sommaires de certains monuments en péril. C'est ainsi que l'érudit François-Roger de Gaignières (1642- 1711) réunit par dizaines de milliers des documents recueillis dans tout le territoire français en vue de rédiger un « Éclaircissement de l'histoire de France ». Dans cette intention, aidé de son valet de chambre, Barthélémy Rémy, paléographe amateur qui recopiait les actes dans les divers dépôts et d'un modeste artiste graveur, Louis Boudau, qui exécutait croquis et vues cavalières des monuments, il parcourut la France.

En 1700, ses investigations le menèrent en Bourgogne et en Franche-Comté qu'il parcourut, malheureusement pour nous, trop rapidement, mais où il eut le temps de faire les relevés de Champlitte, Châtillon-le-Duc, Arguel, Poligny... et surtout de Montfaucon (Consulter Henri Bouchot, Inventaire des dessins exécutés par Roger de Gaignières et conservés au département des estampes et manuscrits, Paris, 1891, 2 volumes).

Son graveur exécuta ainsi, sous forme de lithographies aquarellées, deux vues cavalières des ruines de Montfaucon, plus détaillées et donc plus intéressantes que celles de la seconde moitié du XVIIe siècle : l'une vue du nord, l'autre du sud.

• La première  représente la butte castrale avec une partie du bourg, le tout vu de la patte d'oie des chemins conduisant à La Malate, au Vieux Montfaucon et à l'actuel village. La gravure met bien en évidence la disposition du relief, l'absence de végétation forestière, la présence de vignobles et les vestiges au sommet de la butte, avec le chemin d'accès au bourg, qui passe entre une maison particulière et l'église paroissiale. Indiquons tout de suite que le dessinateur graveur n'a pas cherché à reproduire scrupuleusement la réalité, mais qu'il a sans doute relevé sur place ce qui lui paraissait important et significatif et qu'il a dû compléter dans son atelier ce qu'il considérait comme accessoire, secondaire. Entrent dans la seconde catégorie les éléments de la topographie rendus sous la forme de collines plutôt que de buttes rocheuses, parsemées de blocs erratiques ou d'arbustes isolés, les uns et les autres finissant par se confondre au niveau du château. De ce fait, l'auteur escamote les diverses terrasses qui s'étagent à l'extrémité orientale (à moins qu'elles ne soient postérieures à 1700), il occulte aussi les remparts, celui qui ceint le bourg, comme celui qui borde le sommet de la butte. Seules semblent l'avoir frappé les tours qui se dressent au sommet de cette dernière. A l'est, dominant l'église, deux pans de murs déchiquetés, percés de deux baies rectangulaires et s'élevant apparemment sur plusieurs étages : il s'agit évidemment de ce que nous appelons la tour d'entrée.

A l'ouest, la configuration du donjon permet plusieurs observations fort intéressantes. Le cœur du château ou donjon se compose en fait, comme nous l'avons indiqué dans la description, de deux tours accolées : l'une, située sur la gauche et de forme difficile à déterminer, mais comprenant deux pans avec deux baies, alors qu'il ne subsiste plus qu'un seul pan, sans aucune baie ; mais la figure ne reproduit pas les cordons de pierre qui délimitent les étages. A ses côtés se dresse une autre tour de forme carrée, qui a totalement disparu de nos jours et qui offre la particularité de s'élever plus haut que la précédente (est-ce un effet de perspective pour le dessinateur placé en contrebas?) et de disposer d'au moins trois ouvertures. Ces deux tours juxtaposées pourraient expliquer la traditionnelle expression appliquée au château : les deux cornes de Montfaucon.

Plus énigmatique une sorte de pan de mur au pied de la première tour : est-ce le troisième côté ou un élément  défensif distinct ? la première hypothèse paraît plus logique. Entre le donjon et la tour d'entrée orientale, un œil même exercé ne parvient pas à identifier les formes dessinées : rochers ? végétation arbustive ? vestiges de rempart ?

En revanche l'église avec son clocheton coiffant un toit à quatre pans émerge distinctement. Quant à la maison située apparemment sur la droite du chemin d'entrée, elle ne correspond ni par sa forme, ni par sa position, à celle qui existe actuellement au niveau de la porterie et qui lui serait donc postérieure.

• La seconde lithographie de Gaignières  complète la précédente puisqu'elle donne un état des lieux vus de l'autre côté, depuis la vallée du Doubs, à mi-pente du versant portant l'actuel château de la Juive ; de ce fait, la gravure de Valluet exécutée vers 1840 et reproduite par E. Clerc dans son Essai sur l'histoire de la Franche-Comté (Besançon, 1870, t. 2) lui ressemble en partie. Sur l'une comme sur l'autre, les pentes sont très prononcées, mais la végétation en diffère : exclusivement forestière sur celle de Valluet, elle compte encore de grandes étendues de vigne au début du XVIIIe siècle. Sur les deux est esquissé le chemin qui depuis La Malate monte au château. Mais les ressemblances s'arrêtent là, car Valluet a privilégié les maisons du bourg aux dépens des structures castrales, tandis que Gaignières a fait le contraire.

En effet, nous voyons très bien l'arrière du château (par rapport à la première lithographie) avec la tour d'entrée et, à l'autre extrémité de la butte le donjon ; cette fois-ci le premier élément constitutif du donjon l'emporte nettement en hauteur sur l'autre et comprend toujours la baie rectangulaire qui a disparu de nos jours. Une troisième tour apparaît entre ces deux-là, au centre même de l'ensemble castral : ne s'agit-il pas de la petite tour ronde qui flanque l'accès au donjon, à l'est ?

Nous retrouvons l'église en contrebas de la tour d'entrée, mais non le reste du bourg véritablement déformé par le dessinateur : l'éperon rocheux sur lequel il est construit a disparu, alors que des maisons s'étagent à mi-pente, entre La Malate et le château.

Ainsi pouvons-nous nous réjouir des renseignements apportés par ces lithographies qui permettent d'entrevoir l'état du château vers 1700, abandonné déjà depuis un certain temps, même si, contrairement à des photographies, elles s'agrémentent d'une part de fantaisie.

 

 

Le château et le bourg de Montfaucon en 1700

(Bibl. nat., Cabinet des estampes, H 118652)

 

 

Le château et le bourg de Montfaucon en 1700

  (Bibl. nat., Cabinet des estampes, H 118652)

 

Tableau d'Adrien Richard, Vierge à l'enfant, 1700

Ce tableau se trouve actuellement dans l’église de Montfaucon, autel latéral de droite.

Claude-Adrien Richard est un peintre comtois du XVIIIe siècle. Né à Grand-Combe (Doubs) près de Morteau en 1662, d'une famille connue pour voir donné plusieurs artistes, il s'est installé avant 1720 à Besançon où il meurt en 1748. Aidé de son frère Gaspard et sans doute de plusieurs élèves, il produit plusieurs centaines de tableaux religieux, pour répondre à une forte demande : c'est en effet l'époque où se reconstruisent (jusqu'à la fin du XVIIIe siècle) la plupart des églises franc-comtoises. Il s'agissait donc de décorer convenablement les retables d'autel ou les chapelles des confréries qui tenaient à avoir une représentation de leur saint patron.

C'est ainsi qu'Adrien Richard a composé cette remarquable Vierge à l'Enfant (peinture à l'huile) qui orne l'autel latéral droit de l'actuelle église paroissiale de Montfaucon, édifiée en 1785 et qui constitue dans la production très inégale du peintre une de ses meilleures œuvres, trop peu connue par ailleurs. Le décalage chro-nologique entre la composition du tableau (daté de 1700 par la signature) et la construction de l'église pose le problème des origines : le tableau figurait-il dans l'ancienne église du bourg, qui semble petite pour accueillir une telle toile ou provient-il d'une donation privée ?

 

 

Vierge à l'enfant - Eglise de Montfaucon

 

Malgré son élégance et son coloris agréable, malgré sa riche symbolique, cette Vierge elle-même intéresse moins nos propos que le paysage qui apparaît à sa droite, par le truchement d'une large baie : sur des collines assombries par le mauvais vieillissement de la peinture, se dresse un ensemble d'édifices qui fait incontestablement songer au château et au bourg de Montfaucon, même s'il faut bien examiner le tableau pour discerner la disposition et le caractère des éléments figurés aussi est-ce la raison pour laquelle nous avons exécuté un relevé qui respecte fidèlement le modèle

La vue semble prise de la vallée du Doubs et. se rapproche donc de la lithographie d'Ingelmann publiée en 1828. A gauche, trois ou quatre maisons évoquent le bourg de Montfaucon qui paraît bien peu de choses par rapport à la butte castrale qui se détache de l'ensemble par la masse imposante et compacte de la fortification. Théoriquement contemporaine de l'estampe de Gaignières, la butte se comprend mieux, si on la compare à cette dernière. Nous apercevons à gauche deux pans de mur très hauts et massifs, qui correspondent à ceux de la tour hexagonale de l'entrée (le pan le plus large a actuellement disparu). A l'autre extrémité, nous repérons le complexe du donjon : une première tour, haute et coiffée d'une toiture en pointe à quatre pans, tandis que la tour annexe (carrée) ne subsiste plus, sur le tableau, qu'à l'état de ruine.

A proximité du donjon et sur sa gauche, émerge en bon état (son sommet est crénelé) la petite tour ronde, reliée à celle de l'entrée par toute une série murs, dont on ne sait si ce sont de simples remparts ou des tours accolées.

Mais ce qui pose problème dans cette vue cavalière se trouve aux deux extrémités de butte castrale : d'abord la tour circulaire qui précède celle de l'entrée et dont on ne trouve apparemment plus de vestiges, à moins qu'elle ne corresponde à la demi-lune dont l'infrastructure porte aujourd'hui à son sommet une sorte de gouttière ? Autre énigme, cette sorte de chapelle qui se dresse au pied du donjon et qui intrigue davantage que la toiture de ce dernier, d'autant qu'elle semble flanquée d'une petite maison difficile à discerner sur la toile. S'agit-il d'une chapelle castrale?

      

 

Le château et le bourg de Montfaucon en 1700

           d'après le tableau d'Hadrien Richard (Vierge à l'Enfant) dans l'église de Montfaucon.

 

 

D'où le problème que pose ce tableau : quelle réalité reflète-t-il ? Richard a-t-il fait au préalable une esquisse depuis les bords du Doubs, ou s'est-il contenté, comme dans beaucoup de ses œuvres, de peindre d'après des dessins ou des estampes qu'on lui donnait ? Seules des investigations archéologiques poussées apporteront un jour la réponse à ce problème ?



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