Documents du XIXe siècle

L’intérêt des dessinateurs pour le château de Montfaucon ne s’arrête pas à la fin de l’époque moderne, puisque durant tout le XIXe siècle nombreux sont ceux qui ont tenté de croquer le site et ses ruines dans des représentations généralement plus fidèles qu’à l’époque précédente. Pour ne pas lasser le lecteur, notre commentaire se limitera à quelques brèves explications.

Le site du château en 1819

C’est un extrait d’une très belle carte qui décrit l’itinéraire suivi par le canal romain qui conduisait l’eau des sources d’Arcier jusqu’à la Porte Noire de Besançon, en longeant la rive gauche du Doubs. L’auteur esquisse le relief par un jeu d'ombres si bien que nous voyons défiler sous nos yeux les buttes de la roche d’Arbois, du château et de Nacra, individualisées par des dépressions empruntées par de petits ruisseaux (le Clucherot et le Ru du Vaux). Nous avons accentué en rouge les vestiges castraux ; notons qu’en revanche le bourg est totalement absent du paysage.

 

 

 Le site du château de Montfaucon en 1819

                (Extrait de la carte de l'aqueduc d'Arcier, Arch. dép. Doubs, O Plan 4)

 

La lithographie d’Engelmann, 1828

Elle constitue l’une des nombreuses lithographies qui illustrent l’ouvrage de Taylor et Nodier, consacré à la Franche-Comté. La vue est prise des Prés de Vaux et le paysage traité de façon romantique, sous un ciel tourmenté. Néanmoins elle restitue assez bien le relief et la végétation, tandis que les vestiges du château se dressent fièrement au sommet de la butte.

 

 

Le château de Montfaucon en 1828

                (lithographie d'Engelmann, in Taylor et Nodier, Voyages pittoresques..., La Franche-Comté)

 

La lithographie de Valuet, vers 1840-70

Reproduite et vulgarisée par Clerc, dans son Essai sur l’histoire de la Franche-Comté (1870), la lithographie de Valuet remonte en réalité aux années 1840-48 : une reproduction en couleur datée de 1845 est conservée à la Bibliothèque municipale de Montbéliard (ms 185). L’extrait que nous avons retenu met bien en valeur les trois collines, le chemin qui de la Malate monte au château (il existe encore en tant que sentier), les maisons du bourg qui se tassent sur un éperon rocheux très en contrebas du château, et, comme toujours, les deux tours, tandis que les falaises bornent l’horizon.

Le château et le bourg de Montfaucon vers 1845

                (Lithographie de Valuet, in Clerc, Essai sur l'histoire de la Franche-Comté, 1870)

 

Les dessins de Ch. Duvernoy vers 1845

L’érudit montbéliardais qui a accumulé la documentation sur l’histoire de sa principauté, s’est évidemment intéressé aussi aux Montfaucon. Les deux vues font ressortir les terrasses qui ceinturent le château et leur étagement

 

 

Figure 14 - Ruines vers 1840

Figure 15 - Ruines vers 1845

 

L'aquarelle du contre-amiral Mathieu

Elle accentue exagérément l’aspect chaotique et dénudé de la butte castrale, et fait ressortir, outre les deux tours, la poterne.

 

 

Les ruines du château de Montfaucon en 1858

(par Aimé Mathieu, contre-amiral, Arch. dép. Haute-Saône, D 179)

Le dessin de Gaston Coindre, 1874

L’auteur qui a croqué de très nombreux sites et monuments de la Franche-Comté, s’attache au site vu depuis les sommets des falaises de l’actuel fort militaire ; des maisons, dont l’imposante bâtisse de la cure porterie, existent encore dans le bourg.

 

 

Le site du château de Montfaucon, par G. Coindre

(in Aug. Castan, Besançon et la vallée du Doubs, 1874)

 

Les photographies de la collection Mauer, vers 1870-80

Intéressantes par leur ancienneté, elles fixent les points les plus remarquables du château :

- un cliché classique du donjon avec l’émergence des murs de soutènement qui délimitent les terrasses de la basse cour

- une vue plus singulière de la butte prise du sud-ouest, amis en contre bas si bien que les bancs rocheux écrasent le paysage au point de rapetisser les bâtiments et que l'on a du mal à reconnaître le site ;

- une vue prise du sud-est qui met bien en évidence le mur d'enceinte inférieure coupant perpendiculairement la butte  sur la gauche, les pentes en voie de boisement et les deux tours qui ponctuent chaque extrémité.

 

 

Vers 1870. Photographie des ruines du château

  (collection Mauer, Institut d'études comtoises et jurassiennes)

 

 

Vers 1870. Photographie des ruines du château

(collection Mauer, Institut d'études comtoises et jurassiennes)

 

Les ruines de Montfaucon vers 1900

Les deux vues privilégient les surfaces, pentes et terrasses, au détriment des éléments castraux, mais laissent  néanmoins entrevoir certains aspects architecturaux.

 

 

Figures 21 et 22 - Ruines vers 1900

 

 

Cartes postales des années 1900

 

La premiére met en valeur le site géographique et un paysage végétal très diffèrent de ce que nous voyons aujourd’hui.

 

 

La deuxième fixe l’objectif sur la colline qui porte le château et semble un extrait de la précédente :

 

 

La troisième, vue très classique de la butte castrale, permet de deviner le toit imposant de la cure porterie.

 

 

La quatrième valorise les vestiges en particulier le mur d’enceinte.

 

 

 

Conclusion

 

Cette  revue iconographique se termine par une photo du donjon pris en 1930 (collection privée)

 

 

Cette iconographie abondante, sinon variée, nous restitue la physionomie des lieux et des vestiges dans leurs grandes lignes, mais si elle nous donne désormais une vision très claire de la cure et de l’église, elle n’évoque du château proprement dit que les trop vagues silhouettes du donjon et de la tour d’entrée. Comme la documentation, bien que très riche, ne donne aucune description ni même énumération des bâtiments qui coiffaient la butte castrale, il faut espérer que les investigations archéologiques se poursuivent encore quelques années pour répondre à une curiosité aiguisée par plus de vingt années de travaux et de recherches.

 



Réagir


CAPTCHA