Une belle semaine de travaux au château de Montfaucon

La semaine de chantier a débuté le lundi 22 juin 2015 sur le site du château de Montfaucon. Encore beaucoup de bénévoles autour d'Henri CZAJKA, le président de l'association et de Jean-Jacques SCHWIEN, l'archéologue. 3 étudiants en archéo étaient également présents ainsi qu'une étudiante en architecture. Après quelques informations par rapport aux travaux programmés pour la semaine, chacun a pu trouver sa place.

 

 

Voici en quelques lignes et photos, le résumé de la semaine.

 

La sécurité n'ayant pas de prix chez les responsables de l'association, une équipe a participé à la réalisation, à la réfection et à la consolidation des barrières de sécurité. Outre le fait de protéger les visiteurs, ces barrières tranquillisent les bénévoles qui travaillent sur le site. De plus, elles sont réalisées de telle sorte qu'elles se marient très bien avec l'espace alentour. Sur l'une des photos ci-dessous, il est flagrant que les bénavoles doivent faire avec les moyens du bord et un simple tonneau sert par exemple d'établi.

 

 

Sur la partie Est du château, à quelques mètres du donjon, on assiste à un vrai ballet! Les piocheurs recherchent la profondeur des lieux en quête de trésors hypothétiques tandis que d'autres poussent la brouette ou portent des seaux jusqu'à la goulotte. La terre et les pierres (les "mauvaises") sont jetées par dessus l'enceinte comme pour repousser l'assaillant. Le bruit s'entend jusqu'au village!

Découvertes : ici un semblant de mur et là un départ de voute. A tout instant, Jean-Jacques, l'archéologue, est appelé à la rescousse ... il ne faut surtout pas détruire un mur en place, c'est la consigne rappelée sans cesse! Beaucoup de bruit, énormément de sueur mais au final, de belles découvertes. Des fenêtres, peut-être une porte .. mais qui donne sur  quoi? Il faudra continuer à fouiller en septembre pour comprendre! Tout au bout, près du donjon, un mur se dessine ... on l'a enfin trouvé!

 

 

Cet hiver, des dégâts, naturels ou pas, ont fait disparaître la porte dégagée en septembre dernier. Il faut tout recommencer! Il y a beaucoup de monde sur le côté sud de la tour carrée.

Pendant que certains creusent, couche par couche, soit à la truelle, soit à la pioche, selon les consignes, l'archéologue étudie une partie de l'espace où des traces de "brulé" apparaissent ... il faudra peut-être faire analyser ces résidus par un spécialiste!

La belle colonne trouvée l'an passé n'est pas totalement dégagée, la base n'est pas encore visible. Par contre, les deux fenêtres et la porte, donnant versant Est, sont maintenant bien visibles. Pour une cave, l'architecture de ces ouvertures laissent perplexes ... et si c'était une pièce d'habitation? A suivre ...

 

 

Les abords du chemin qui mène au château n'ont pas été nettoyés depuis plus de cinq ans. Il est temps de faire "chauffer l'huile de coude" pour supprimer toute cette végétation qui masque une partie des vestiges de l'enceinte extérieure. Pas question d'utiliser la débrousailleuse, c'est trop pentu et donc trop dangereux! Il faudra le courage et la patience de quelques bénévoles, armés de sécateurs et de cisailles, pour s'attaquer à ce chantier. Dans les endroits les plus abrupts, il convient de s'attacher afin d'éviter la chute mais après quelques heures d'effort, l'écriteau "Mur d'enceinte" apparaît, à la grande satisfaction des intervenants.

 

 

Le bel escalier, restauré au cours des années précédentes, s'est à nouveau laissé faire une petite beauté par deux bénévoles méticuleux. Les différentes pierres des marches ont été soigneusement rejointoyées produisant un résultat du plus bel effet.

 

 

La "fouille fine" des gravats de la partie nord du logis 4 se poursuit. C'est un travail méticuleux qui nécessite l'utilisation de la petite truelle, de la balayette et de seaux. Chaque pierre qui apparait est analysée pour savoir si elle est "en place" ou non. Quelques morceaux de poteries et d'os, très peu, sont découverts. Jean-Jacques, l'archéologue, est souvent sollicité afin de savoir si les travaux peuvent être poursuivis sans risque de détruire un élément du passé. Un spécialiste du bois est venu de Besançon pour étudier un restant de poutre calcinée qui a été soigneusement dégagé par les "apprentis archéos". Il faudra attendre les résultats d'analyse pour une datation éventuelle. Devant le logis 4, une zone de fouille est ouverte ... serait-ce un oratoire?

 

 

Elles sont très belles ces plantes qui ornent les murs du château mais elles ne sont pas pour autant les bienvenues. Leurs racines s'incrustent, se développent au risque de disjoindre les pierres, de les déstabiliser et éventuellement de les faire tomber. Il est donc décidé de "faire le ménage" mais pas question d'utiliser un défoliant contraire aux vertus écologiques que défendent les amoureux du château et de son environnement. C'est donc, et encore une fois, "l'huile de coude" qui est utilisée! Il faut surtout beaucoup de patience pour venir à bout de ces "envahisseuses" qui viennent se nicher dans les moindres petits recoins de l'édifice mais cette besogne est nécessaire et les responsables en sont bien conscients.

 

 

Le fourneau du logis 4, qui a été protégé du gel pendant l'hiver, est très fragile et il convient de s'interroger quant à son devenir sur le site. Le laisser tel quel serait désastreux et il ne résisterait pas aux affres du temps. Plusieurs solutions existent (le couvrir, le reconstruire, le consolider, etc...) mais il serait dommage de se précipiter vers telle ou telle solution au risque de le regretter au bout de quelque temps. De toute façon, et avant tout, il est nécessaire de bien le dégager, de le nettoyer finement, d'en faire un relevé et de le figer sur quelques photos. C'est la tâche qui est confiée à notre fidèle étudiant en archéologie très performant en la matière.

 

 

Pas d'archéologie sans relevés et/ou photographies. Ils sont nécessaires pour réaliser un inventaire de tout ce qui a été découvert et constituer ainsi une documentation scientifique utile à la compréhension globale du site. Il en va des murs, de certains objets, ou de certaines pierres comme celles, magnifiquement travaillées, qui ont été trouvées au pied de la tour carrée. Le crayon, la gomme et le papier millimétré sont utilisés mais pour être très précis, notamment pour les plans, il faut également un théodolite (ou tachéomètre), des mires, un mètre ruban ou un décamètre sans oublier le traditionnel fil à plomb. C'est grâce à ce travail préalable que l'archéologue pourra proposer une interprétation et une  reconstitution de l'organisation du château au plus bel âge de sa vie.

 

 

Tout travail mérite salaire, dit-on, mais le bénévole est, par définition, volontaire et désintéressé tout du moins pécuniairement. Par contre, il n'est pas exempt de se nourrir afin de maintenir sa forme, sa santé et son envie de poursuivre son action. Aussi, le  repas de midi est un moment privilégié auquel il ne peut se soustraire et si, de surplus, tout se passe dans une bonne ambiance, c'est le rêve! Henri, le Président, profite de ce moment de détente pour "distiller" quelques infos, recommandations ou remerciements. Christiane, Colette et Marie-Claude sont aux petits soins pour tout ce petit monde; elles dressent la table, font le service de l'entrée au café, veillent à ce que rien ne manque  puis débarrassent, toujours avec autant de discrétion, avant un repos bien mérité. Les premiers jours, les abris ont été installés, comme à l'habitude, à l'intérieur de l'église mais la chaleur des jours suivants a nécessité un déplacement sous les arbres, ce qui a convenu tout à fait à l'ensemble des bénévoles. 

 

 

Pas le temps de faire une sieste, la semaine est courte et il faut avancer ... ce ne sont pas les responsables qui le disent, ce sont les bénévoles présents!

 

A l'intérieur de la tour carrée, la fouille fine se poursuit. Honnie soit la pioche, bienvenue à la "toute petite" truelle, à la petite pelle, au petit seau et au tamis à petits trous. Ici, c'est un travail de précision, réalisé couche par couche. Il faut en effet trouver le sol de cette pièce sans omettre de récupérer les quelques fragments d'os ou de poteries trouvés ça et là. Comme un peu partout, il existe des traces de "brûlé" qu'il faut analyser avant de poursuivre, Jean-Jacques est là pour guider les "apprentis archéologues".

 

 

La tour ronde nécessite une attention toute particulière; sa structure et les alentours sont très fragiles et se trouvent dans un endroit qu'il convient de sécuriser. Ce sont les "pros" de l'entreprise Maisons CONTOZ qui œuvrent ici, aidés en cela par quelques bénévoles bien au fait des travaux de maçonnerie.

Dans un premier temps, et ce depuis l'année dernière, il est décidé de dégager et de consolider l'espace et de sécuriser le mur d'enceinte en ajoutant quelques pierres préalablement triées.  Attention, on n'utilise pas n'importe quel ciment ou mortier pour lier les pierres; il faut s'approcher au plus près des techniques utilisées par les "anciens".

Cet hiver, de magnifiques supports en bois ont été confectionnés et sont maintenant placés sous la tour afin de permettre la consolidation et la reconstitution des voutes. Le résultat est du plus bel effet. Nos partenaires institutionnels habituels (DRAC , Conseil Régional, Conseil Départemental et Commune) ainsi que nos mécènes du CREDIT AGRICOLE DE FRANCHE-COMTÉ et de la FONDATION ORANGE, qui nous soutiennent pour ces opérations de sauvegarde, seront très certainement satisfaits de constater le sérieux et la qualité du travail réalisé.

 

 

La semaine de chantier est terminée; tout s'est déroulé dans les meilleures conditions possibles. Bien sûr, le soleil et la chaleur dégagée par ses rayons ont engendré quelques "suées" mais, comme à l'habitude, personne ne s'est plaint, tout content de participer à cette œuvre de sauvegarde de ce site que nous voulons tous protéger.

Avant de repartir chacun chez soi pour une douche et un repos salvateurs, les bénévoles assistent avec intérêt à la visite proposée par Jean-Jacques. Il est important de participer à un premier bilan de cette semaine de travaux, avec, certes, des interrogations qui subsistent, mais surtout des résultats encourageants qui vont venir alimenter le dossier du "Château de Montfaucon" et nous donner l'envie de revenir.

Chacune des "pièces" dans lesquelles se sont répartis les bénévoles a été "ouverte" à la visite et chacun a pu apprécier le résultat du travail qu'il a réalisé : un travail "énorme" malgré le caractère parfois très fin et minutieux de certaines tâches! Vu d'en haut, avec le recul nécessaire et les explications de l'archéologue, le résultat est encore plus significatif et l'on comprend d'autant plus que le respect des consignes ou, entres autres, l'utilisation de la petite truelle, n'est pas anodin. Chacun l'a dorénavant compris et reviendra très certainement au mois de septembre (du 14 au 18) pour la seconde semaine de chantier.

 

 

Voir ci-dessous le reportage photos de chaque jour de la semaine

 

 

 



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